Les épidermolyses bulleuses : les différents types

Ce sont des génodermatoses rares caractérisées par une fragilité de la cohésion de la peau et des muqueuses. Le clivage entre derme et épiderme est responsable de la formation de bulles, d’érosions et de plaies. Ce système de cohésion est un échafaudage complexe d’éléments ou protéines. Un défaut dans la fabrication de ces protéines peut être responsable d’épidermolyse bulleuse. Ces maladies génétiques sont transmises selon le mode autosomique dominant ou autosomique récessif.

La classification des épidermolyses bulleuses repose sur le niveau de clivage à l’intérieur de la peau. La première étape du diagnostic clinique sera de déterminer ce niveau de clivage. Cette étape repose sur l’analyse histologique, immunohistologique et/ou par microscopie électronique d’une biopsie cutanée. Il est classique de distinguer :

  • Les épidermolyses bulleuses épidermolytiques ou simples lorsque le niveau de clivage survient dans l’épiderme. Ce sont les plus fréquentes.
  • Les épidermolyses bulleuses jonctionnelles lorsque le niveau de clivage survient à la jonction dermo-épidermique dans la membrane basale
  • Les épidermolyses bulleuses dystrophiques dont le niveau de clivage est sous la membrane basale dans le derme.

Mode de transmission et génétique

Les épidermolyses bulleuses peuvent être transmises selon le mode autosomique dominant ou autosomique récessif. Dans chacun des trois groupes, épidermolyses bulleuses simples, jonctionnelles ou dystrophiques, chacun de ces deux modes de transmission, à déjà été décrit. Chaque situation est donc spécifique et devra faire l’objet d’une discussion avec le médecin. Néanmoins,

  • Les épidermolyses bulleuses simples sont le plus souvent transmises sur le mode autosomique dominant.
  • Les épidermolyses bulleuses jonctionnelles sont transmises sur le mode autosomique récessif
  • Les épidermolyses bulleuses dystrophiques sont transmises sur le mode autosomique récessif ou dominant.

Chacune des protéines du système de cohésion de la peau est fabriquée par un gène. Le dysfonctionnement de certains de ces gènes est responsable d’épidermolyse bulleuse. De manière classique :

  • Le dysfonctionnement du gène de la kératine 5 ou du gène de la kératine 14 est responsable des épidermolyses bulleuses «épidermolytiques ou simples
  • Le dysfonctionnement du gène de l’intégrine α5, du gène de l’intégrine β4, d’un des gènes permettant la fabrication de la laminine 5 (LAMA3, LAMB3 ou LAMC2), du gène de la protéine BP180 (ou collagène 17), est responsable des épidermolyses bulleuses «jonctionnelles.
  • Un dysfonctionnement du gène de la plectine peut être responsable d’épidermolyse bulleuse simple avec dystrophie musculaire ou d’épidermolyse bulleuse jonctionnelle
  • Le dysfonctionnement du gène du collagène 7 est responsable d’épidermolyse bulleuse dystrophique.

Les laboratoires de biologie moléculaire ont pour objectif d’identifier, pour chacune des familles, le dysfonctionnement génique en cause. Cette recherche, parfois longue, permet aujourd’hui de discuter des possibilités de diagnostic prénatal ou diagnostic pré-implantatoire après consultation de conseil génétique.

Les épidermolyses bulleuses : Caractéristiques cliniques

Les bulles, les érosions, les plaies sont les principales manifestations des épidermolyses bulleuses. Ces lésions sont souvent douloureuses et peuvent siéger sur la peau ou les muqueuses buccales parfois génitales. L’absence congénitale localisée de peau, ou syndrome de Bart, a été signalée dans toutes les formes d’épidermolyse bulleuse. Il est important d’insister sur les points suivants :

  • Le diagnostic de la forme reste cliniquement difficile et repose sur le résultat de l’examen microscopique de la biopsie cutanée.
  • La particulière vulnérabilité du nouveau-né atteint d’épidermolyse bulleuse quelque soit le type de sa maladie. Le risque infectieux est majeur.
  • Le pronostic diffère d’un type d’épidermolyse bulleuse à l’autre. Il est classique de dire que les formes simples s’améliorent avec le temps. Néanmoins des situations sévères existent même pour les formes simples : les bulles et l’épaississement plantaire limitent la marche.
  • Les formes jonctionnelles par absence de laminine 5, épidermolyse bulleuse jonctionnelle de Herlitz, sont d’une particulière gravité.
  • Les formes dystrophiques récessives varient dans leur sévérité. La forme de Hallopeau-Siemens est caractérisée par une dénutrition parfois majeure, des surinfections cutanées chroniques possiblement systémiques, une sténose oesophagienne, des rétractions et synéchies des extrémités (fusion des doigts et des orteils), une atteinte oculaire…Le risque d’épithélioma spino-cellulaire invasif (cancer de la peau) engage le pronostic vital.

Consulter le portail ORPHANET pour en savoir plus sur la maladie… 

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