Si l’été a été difficile pour tout le monde, c’est une toute autre histoire pour les personnes atteintes d’épidermolyse bulleuse.
Rappelons que beaucoup sont couverts de pansements pour recouvrir de grandes étendues de plaies, parfois chroniques.
La chaleur favorise la transpiration et donc la macération, amalgame parfait pour augmenter le risque d’infection. Les microbes les plus souventes impliqués dans ces surinfections sont les bactéries, plus rarement les virus (dont le virus de l’herpes) ou les champignons (responsables des mycoses par exemple).
Les signes qui doivent alerter dans l’EB :
– Le premier signe est souvent des plaies qui deviennent plus exsudatives
– L’apparition d’une forte odeur
– Le tout peut aussi s’accompagner d’une plaie plus douloureuse, au moment des soins surtout.
Que faire ?
Votre médecin pourra vous rédiger une ordonnance pour réaliser un prélèvement bactériologique cutané qui se fait (de façon indolore) à l’aide d’un ou plusieurs écouvillons posé sur des zones de plaies différentes dans un laboratoire d’analyses de ville.
Ce prélèvement est examiné au microscope (examen direct, rendu en 48 heures ) qui permet de mettre en évidence des bactéries anormales et/ou trop nombreuses puis il est mis en culture afin d’identifier la bactérie ou les bactéries pathogènes et à quels antibiotiques elles sont sensibles (rendu 3 à 5 jours)
Bactéries courantes :
Les bactéries courantes sur des plaies chroniques incluent :
– Staphylococcus aureus
– Streptococcus pyogenes
– et diverses bactéries gram-négatives dont Pseudomonas Aeruginosa dit bacille pyocyanique (un germe qui « profite » de l’humidité et colonise les plaies chroniques en plus des autres)
Ces micro-organismes peuvent coloniser les lésions cutanées, prendre le dessus sur les bactéries « physiologiques » de la plaie, se multiplier et/ou devenir plus virulentes et alors perturber le processus naturel de cicatrisation.
Il faut noter que la présence de bactéries sur une plaie (chronique ou non) est constante. Il n’existe pas de définition microbiologique consensuelle d’infection d’une plaie aussi le résultat du prélèvement doit être interprété par le médecin expert qui s’occupe de votre pathologie afin de déterminer si ces bactéries sont pathogènes c’est à dire responsables de l’aspect anomal des plaies.
Contactez votre médecin afin d’obtenir éventuellement une prescription de prélèvements bactériologiques des plaies puis une ordonnance d’antibiothérapie adaptée si besoin.
Important : le prélèvement doit être réalisé à distance de tout traitement antibiotique (topique ou oral). NB : la flammazine est un traitement antibiotique.
Des pansements à l’argent et de la flammazine peuvent être essayés sur les plaies d’allure infectée, verdâtres, suintantes ou malodorantes mais en l’absence d’efficacité ou en présence de fièvre, d’extension rapide de plaies , de bulles purulentes, d’œdème inflammatoire de la région concernée, vous devez rapidement contacter votre médecin traitant.





